Dans la nuit du 21 au 22 mai 2026, une frappe de drones a touché un lycée professionnel et son internat à Starobilsk, dans la région ukrainienne de Louhansk occupée par la Russie. Selon le ministère russe des Situations d’urgence, quatre drones ont frappé le bâtiment, provoquant l’effondrement partiel d’un dortoir de cinq étages où se trouvaient 86 adolescents âgés de 14 à 18 ans. Les autorités russes font état de six morts, 39 blessés et 15 disparus, dont les recherches se poursuivent sous les décombres.
Une frappe en trois vagues, selon Vladimir Poutine
Le président russe Vladimir Poutine a qualifié l’attaque de « non accidentelle », affirmant qu’elle avait été menée « en trois vagues, avec 16 drones visant le même endroit ». Il a précisé qu’aucun site militaire ou lié aux services de renseignement n’était situé à proximité, promettant une réponse de l’armée russe. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé un « crime monstrueux » et annoncé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
« Ceux qui en sont responsables doivent être punis », a déclaré Peskov lors d’un point-presse. Le ministère russe des Affaires étrangères a accusé les Occidentaux de fournir des renseignements aux forces ukrainiennes pour cibler leurs frappes, qualifiant l’attaque de « ciblée contre la population civile ».
« Le même événement est présenté comme une attaque contre des civils par Moscou et comme une frappe sur une installation militaire par Kiev. »
Kiev dément avoir visé des civils
L’état-major ukrainien a affirmé avoir bombardé pendant la nuit un « quartier général » d’une unité russe située « dans la zone » de Starobilsk. Il a précisé avoir ciblé des éléments du groupe Rubikon, une unité spécialisée dans les frappes de drones et accusée d’attaquer « régulièrement » des civils en Ukraine. « L’Ukraine mène des frappes contre les infrastructures et les installations militaires utilisées à des fins militaires, respectant scrupuleusement les normes du droit international humanitaire », a indiqué l’état-major dans un communiqué.
Le gouverneur de la région de Louhansk, Léonid Passetchnik, installé par Moscou, a diffusé sur les réseaux sociaux des photos montrant des bâtiments gravement endommagés, dont l’un partiellement effondré et l’autre aux murs calcinés. Les opérations de déblayage se poursuivent, et le bilan pourrait encore s’alourdir.
Reprise de territoire et frappes à longue portée
Parallèlement à cette frappe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que les forces ukrainiennes avaient repris 590 kilomètres carrés de territoire depuis le début de leur contre-offensive. « La tendance n’est clairement pas en faveur de Moscou », a-t-il déclaré, ajoutant que des frappes à longue portée avaient visé des infrastructures énergétiques russes, dont une raffinerie à Iaroslavl, à environ 700 kilomètres de la frontière ukrainienne.
Selon le site Vot Tak, les raffineries russes ont été touchées 158 fois depuis le début du conflit. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a qualifié la situation de « moment charnière », affirmant que « la supériorité numérique de la Russie ne constitue plus un avantage décisif ».
Tensions diplomatiques et préparatifs militaires
Les relations entre Kiev et Minsk se sont également tendues. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a proposé une rencontre avec Volodymyr Zelensky, mais ce dernier a mis en garde la Biélorussie contre des « conséquences » en cas d’implication accrue dans la guerre. L’Ukraine a renforcé ses défenses dans les régions frontalières du nord, craignant une nouvelle offensive russe depuis le territoire biélorusse, comme en février 2022.
La Russie a par ailleurs livré des ogives nucléaires à la Biélorussie dans le cadre d’exercices militaires, sur fond de tensions accrues avec l’OTAN. Le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte, a confirmé que Volodymyr Zelensky participerait au sommet de l’OTAN à Ankara en juillet, où il a été officiellement invité.
Un conflit dans l’impasse, des bilans encore provisoires
Le bilan de la frappe à Starobilsk reste provisoire, les opérations de déblayage se poursuivant sous les décombres du dortoir. Les versions des deux camps divergent sur la nature de la cible : Moscou accuse Kiev d’avoir visé délibérément des civils, tandis que l’Ukraine affirme avoir frappé une installation militaire.
Sur le front, les gains territoriaux ukrainiens, bien que limités, marquent une inversion de tendance après des mois de stagnation. Les frappes à longue portée sur le territoire russe, notamment sur des infrastructures énergétiques, se multiplient, tandis que Moscou intensifie ses attaques sur les zones occupées et les villes ukrainiennes. Les discussions diplomatiques restent au point mort, aucune avancée significative n’ayant été enregistrée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Les prochains jours pourraient voir une escalade des tensions, avec une possible réponse russe à la frappe de Starobilsk et la poursuite des préparatifs militaires en Biélorussie. Le sommet de l’OTAN à Ankara, où Volodymyr Zelensky est attendu, pourrait également clarifier les engagements des alliés occidentaux en matière de soutien militaire et diplomatique.